Les puces défectueuses d’Apple : un gros business au-delà du MacBook Neo

Apple’s faulty chips are big business for the company, and not just in the MacBook Neo

Apple a toujours su tirer parti des inefficacités de production, et l’une de ses méthodes consiste à utiliser le chip binning. Ce procédé permet à la marque de réutiliser des puces qui ont échoué aux contrôles de qualité pour d’autres modèles, voire des produits totalement différents. Gros plan sur cette stratégie longue date qui remonte aux débuts de l’iPad et de l’iPhone 4.

Le chip binning décrypté

Ce terme a été mis en lumière pour la première fois en 2020, lors du lancement du M1 MacBook Air. Les utilisateurs ont noté une différence assez cocasse entre les spécifications des modèles de base à 999 € et celui à 1249 €. Le modèle haut de gamme affiche un GPU à 8 cœurs, tandis que le modèle de base se limite à un GPU à 7 cœurs.

Au lieu de demander à TSMC de produire une version spécifique du M1, Apple a choisi de prendre les puces qui n’étaient pas tout à fait capables de supporter les huit cœurs graphiques. Ces chips sont ainsi désignés comme des versions à 7 cœurs pour le modèle d’entrée de gamme.

Cette approche présente un double avantage. Premièrement, elle permet d’optimiser les coûts. Plutôt que de jeter les puces sous-performing, Apple parvient à en tirer parti, augmentant ainsi le rendement de production tout en réduisant les dépenses.

MacBook Neo : une stratégie efficace

La stratégie du chip binning a été cruciale pour le lancement du MacBook Neo à un prix compétitif. Apple a utilisé des puces A18 Pro rejetées lors de la production de l’iPhone 16 Pro, car seules cinq des six unités graphiques étaient fonctionnelles. Un exemple emblématique de réutilisation astucieuse des composants.

Le succès a été tel que la demande pour le MacBook Neo a rapidement épuisé les stocks de puces reconditionnées. Face à cet engouement, Apple doit désormais augmenter sa production de ces puces pour satisfaire ses clients.

Des puces reconditionnées ailleurs dans l’écosystème Apple

Un article du Wall Street Journal révèle que plusieurs autres produits Apple exploitent également des puces reconditionnées :

  • A15 Bionic : utilisé dans l’iPhone SE
  • A17 Pro : trouvé dans l’iPad mini
  • A18 : intégré dans l’iPhone 16e
  • A19 : présent dans l’iPhone 17e
  • A19 Pro : équipée dans l’iPhone Air

Cette liste n’est pas exhaustive, car des rumeurs suggèrent que le chip binning remonte à l’époque des premiers iPads et de l’iPhone 4. La flexibilité de cette méthode a permis à Apple d’économiser des centaines de millions d’euros.

Des puces A4 qui consommaient trop d’énergie, bien qu’inadaptées aux smartphones, ont été utilisées dans l’Apple TV. Une pratique similaire a été observée avec des puces S7, qui ont terminé leur vie dans le HomePod de seconde génération, plutôt que dans l’Apple Watch pour laquelle elles étaient à l’origine conçues.

Au final, le chip binning s’avère être une stratégie gagnante pour Apple, illustrant l’innovation et l’efficacité opérationnelle qui caractérisent la marque.