Un engin spatial robotisé vient d’avoir une rencontre rapprochée avec Mercure et a transmis des images rares et intimes de la planète. Ces photos ont été renvoyées sur Terre et montrent des détails étonnants de la planète qui se trouve, en moyenne, à environ 77 millions de kilomètres de nous.

Mercure, la planète la plus proche du Soleil, est peut-être la plus négligée des mondes rocheux du système solaire. Chaude et plus difficile à atteindre que Saturne, elle n’a pas bénéficié du niveau d’exploration que les autres planètes autour du Soleil ont reçu. Mais ce ne sera pas comme ça avant longtemps.
L’orbiteur BepiColombo, une mission coopérative des agences spatiales européenne et japonaise, a achevé son troisième des six survols prévus le 19 juin 2023. Le vaisseau spatial sans pilote est passé à moins de 240 km au-dessus de la surface tout en exploitant la gravité de la planète. Ce passage et d’autres passages programmés sont nécessaires pour surmonter la puissante attraction du Soleil afin que le vaisseau spatial puisse éventuellement entrer dans l’orbite de Mercure. En 2025, la mission commencera sérieusement.
Seuls deux engins spatiaux précédents, tous deux des missions de la NASA, ont volé vers la « Swift Planet », ainsi nommée pour son orbite rapide autour du Soleil.
Notre vaisseau spatial a commencé avec trop d’énergie parce qu’il a été lancé depuis la Terre et, comme notre planète, est en orbite autour du Soleil. Pour se faire attraper par Mercure, nous devons ralentir, et nous utilisons la gravité de la Terre, de Vénus et de Mercure pour le faire.
Frank Budnik, spécialiste de la dynamique de vol à l’ESA, a expliqué la dernière manœuvre dans un communiqué.
#Mercure est dans notre ligne de mire alors que nous accélérons vers la fin de ce soir #MercuryFlyby!
Cette image a été prise il y a quelques heures à 10h32 TU/12h32 CEST à une distance d’environ 121 000 km.
📷https://t.co/ZNUDvGHec7 #BepiColombo #ExploreFarther pic.twitter.com/oiNJ0X8OrT
— BepiColombo (@BepiColombo) 19 juin 2023
BepiColombo, lancé en octobre 2018 sur une fusée Ariane 5 depuis un port spatial français d’Amérique du Sud, cherche à étudier les cratères polaires remplis de glace, le champ magnétique de la planète et les « cavités » énigmatiques à la surface.
La couche externe de Mercure est recouverte d’anciennes coulées de lave, piquées par des roches spatiales au cours des 4 derniers milliards d’années.
En élargissant leurs connaissances sur la composition, l’atmosphère et le magnétisme de Mercure, les scientifiques peuvent mieux comprendre comment les planètes rocheuses semblables à la Terre ont vu le jour.
Les photographies, prises par des caméras de surveillance en noir et blanc, capturent l’un des panneaux solaires et des antennes du vaisseau spatial, avec la planète dans le coin supérieur droit. Ils montrent de vastes cratères et des champs volcaniques.

Une caractéristique visible d’un intérêt particulier pour les scientifiques est le cratère Manley, une fosse de 217 km de large qui a mis au jour un matériau sombre qui pourrait être un vestige de l’ancienne croûte riche en carbone de la planète. À l’intérieur du bassin, il semble y avoir un sol de lave lisse, signe que la planète a probablement eu une longue histoire d’activité volcanique.
Plus tard dans la mission, BepiColombo étudiera la quantité de carbone contenue dans le cratère et les minéraux qui y sont associés.
Envie de vous détendre un peu ? Voici un reportage très intéressant sur l’intelligence artificielle :

