Apple se retrouve au cœur d’une controverse juridique majeure, visant un verdict de 5,7 milliards d’euros pour violation de brevet. Cette affaire, imposée par Taction Technology, concerne le Taptic Engine, une technologie qui anime les retours haptiques sur les iPhones et Apple Watches. Explorons les enjeux de cette bataille juridique où se mêlent technologie et propriété intellectuelle.
Un lien de causalité contesté
Récemment, un jury a sommé Apple de débourser 5,7 milliards d’euros pour avoir enfreint deux brevets détenus par Taction Technology. Ces brevets sont liés au Taptic Engine, essentiel dans le fonctionnement des retours haptiques de ses appareils.
Apple a réagi énergiquement à ce verdict, qualifiant les dommages financiers d’« entièrement non fondés ». La firme met en avant le fait que sa technologie diffère fondamentalement des éléments couverts par les brevets en question, et elle a décidé de faire appel.
Dans cette nouvelle démarche judiciaire, Apple argue que Taction n’a pas su fournir de preuves suffisantes justifiant le montant des dommages. Selon eux, le montant de 5,7 milliards d’euros est le plus important jamais attribué dans un procès de violation de brevet, de plus de 3 milliards d’euros par rapport au précédent record.
Avant même le procès, la cour avait écarté les analyses d’un expert en dommages, indiquant qu’il y avait des défauts dans la manière dont il avait calculé les redevances d’un accord de licence antérieur. Cet expert a même été empêché de témoigner.
Apple conteste également que Taction ait fourni la moindre preuve tangible de la valeur de sa technologie brevetée. À la place, elle a simplement demandé aux jurés d’estimer quel montant leur paraîtrait raisonnable, les obligeant ainsi à « engager des conjectures d’une ampleur massive ».
Dans sa motion, Apple souligne que Taction n’a jamais offert d’éléments financiers spécifiques pour étayer sa demande. Les jurés, désorientés, ont agi dans le flou total, ce qui va à l’encontre des instructions préalablement données par la cour.
Des accusations de méthodes de test biaisées
D’autres accusations viennent s’ajouter à cette bataille juridique. Apple affirme que l’un des principaux experts techniques de Taction, le Dr. Oliver, aurait utilisé un test « manipulé » pour soutenir ses affirmations de violation de brevet.
Les brevets discutés concernent une technologie visant à produire des vibrations uniformes sur différentes fréquences. Apple argumente que son Taptic Engine fonctionne différemment, générant des vibrations plus puissantes à certaines fréquences qu’à d’autres.
Apple accuse par ailleurs le Dr. Oliver d’avoir élaboré une méthode de test sur-mesure pour le procès, mesurant la capacité du système de contrôle électronique d’Apple à régler les vibrations, sans évaluer si le matériel répondait réellement aux exigences des brevets.
Pour conclure, si le tribunal accepte l’interprétation de Taction concernant ses brevets, cela pourrait invalider les revendications en question. Apple soutient que la méthode de test utilisée pour prouver l’infraction contredit celle décrite dans les brevets, rendant difficile la détermination de leur couverture réelle.
En conséquence, Apple demande à la cour de révoquer le verdict du jury, de déclarer Taction non éligible aux dommages et d’affirmer qu’Apple n’a pas enfreint les brevets, que ceux-ci soient potentiellement invalides.
Avec la motion déposée, et le verdict du jury pas encore officiellement validé en tant que jugement définitif, la cour se penchera désormais sur la validité du montant de 5,7 milliards d’euros, la possibilité d’annuler le verdict ou d’ordonner un nouveau procès.
