Après avoir refondu Affinity sur Mac en une suite unique, Canva débarque enfin sur iPad. On attendait la tablette de longue date. La version annoncée reprend les outils de dessin, vectoriel, photo et mise en page, avec un vrai soin porté au tactile et à l’Apple Pencil.
Un projet complet, du croquis au fichier imprimable
Cette version iPad conserve l’idée maîtresse : tout vivre dans une même interface, sur un même fichier. Les anciens Affinity Designer, Affinity Photo et Affinity Publisher ne sont plus des portes séparées, mais des modules reliés par le même projet.
Sur Apple Pencil, la pression et l’inclinaison pilotent le trait avec naturel. On peut donc griffonner une idée sans forcer, puis garder le croquis vivant pour l’exploiter plus tard.
Photo, vectoriel et mise en page: le vrai point fort
Le vectoriel reste précis, avec des courbes, des nœuds et des transformations nettes. L’outil Sketch to Shapes aide à transformer un dessin tremblant en forme propre, sans perdre l’intention graphique.
En photo, la retouche suit le rythme d’une séance. Sélections intelligentes, ajustement RAW, composites et masques se pilotent avec moins de pénibilité, car chaque modification garde une histoire éditable.
Le masque assisté par Apple Pencil est utile pour les bords fragiles, comme des cheveux ou des feuillages. On suit le contour avec une précision fine, puis on affine, sans y rester des heures.
Côté mise en page, les documents multipages, magazines, booklets ou livres photo gardent une cohérence grâce aux modèles, aux grilles et à la typographie. Le rendu final peut viser la chaîne graphique.
Gratuit, tactile et prêt pour Apple Pencil Pro
L’application est proposée en téléchargement gratuit sur l’App Store, sans abonnement imposé pour un usage individuel. Canva signale plus de sept millions d’inscriptions depuis l’arrivée sur macOS.
La demande des créatifs était claire : retrouver sur tablette ce qui a été simplifié sur ordinateur. Duncan Clark, chez Canva, a présenté cette sortie comme la réponse directe à cette attente.
Le support d’Apple Pencil Pro inclut la pression, l’inclinaison, le barrel roll, le squeeze et le hover. Ces gestes deviennent des raccourcis de travail, pas seulement des effets de démonstration.
Les fonctions d’IA restent mesurées : expansion générative, amélioration de résolution, ajout d’attributs comme un flou de mouvement, ou décomposition d’une image plate en couches. Le résultat dépend surtout de la qualité de l’image d’origine.
Bonne nouvelle pour les graphistes mobiles : l’attrait ne tient pas seulement à la gratuité. Il vient du flux continu : passer de la main au fichier, sans export, sans va-et-vient entre trois applications.
Les créatifs qui jonglaient entre un iPad pour la prise de notes et un Mac pour le fichier final trouveront ici un terrain plus solide. Le vrai test sera la compatibilité avec les formats déjà stockés sur l’ordinateur.
Reste l’exécution. Sur iPad, un outil pro se juge à la précision des courbes, à la stabilité et au comportement quand les calques se multiplient.
Il faudra aussi surveiller la fluidité réelle avec les gros documents, la ventilation thermique d’un iPad Pro et la compatibilité des formats. Un outil créatif doit savoir se faire oublier pendant une journée de travail.
