WSJ : Les tensions entre Apple et Goldman Sachs autour de l’Apple Card

WSJ: Inside Apple’s ‘unhappy marriage’ with Goldman Sachs for Apple Card

Apple vient de faire un grand pas en annonçant le transfert de la gestion de sa carte Apple Card à Chase, marquant ainsi la fin de sa collaboration avec Goldman Sachs. Cette décision ne résulte pas d’un simple ajustement, mais plutôt d’un désir de redynamiser un partenariat qui n’a jamais vraiment décollé. Les rumeurs d’une séparation étaient dans l’air, et les détails révélés par un rapport d’The Wall Street Journal apportent un éclairage nouveau sur cette relation tumultueuse.

Une relation tendue entre Apple et Goldman Sachs

Le rapport indique qu’Apple souhaitait que Goldman Sachs accepte presque tous les candidats pour l’Apple Card. Cela a conduit la banque à approuver un nombre anormalement élevé de clients considérés comme à risque. En effet, plus de 30 % des soldes de l’Apple Card sont détenus par des emprunteurs dont les scores de crédit sont inférieurs à ce que la plupart des banques jugent acceptables.

Lorsque le moment est venu d’arrêter leur collaboration, Apple a pris contact avec d’autres émetteurs. Lors de ses négociations, la firme de Cupertino a décrit sa relation avec Goldman Sachs comme « un mariage malheureux », soulignant que même si les deux parties étaient prêtes à maintenir cette union, la gêne était palpable.

En parallèle, Apple et Goldman ont exploré des options visant à remédier à cette situation compliquée, dont celle d’utiliser un fonds de crédit privé pour reprendre les soldes. Cette idée, bien que prometteuse, aurait constitué une première dans des accords de cette ampleur dans le secteur.

Dans le cadre de ce potentiel accord, Apple a sollicité un cabinet d’investissement pour dénicher un fonds et a également approché une petite entreprise fintech en vue d’un partenariat. Goldman a, quant à lui, sondé des firmes de crédit privé, cherchant à évaluer leur intérêt, tandis que Barclays a proposé à KKR d’intervenir dans la structuration d’un accord.

Goldman espérait qu’Apple déciderait rapidement qui prendrait le relais de l’Apple Card, idéalement d’ici début mars 2025, mais cette échéance n’a pas été respectée. Les responsables de Goldman ont alors constaté que le dossier avançait trop lentement de la part d’Apple.

Tout au long des discussions, Apple a préparé plusieurs contrats avec divers partenaires potentiels, dont Chase, American Express et Synchrony. En mai 2025, la firme de Cupertino a cependant confirmé à Chase son statut de partenaire privilégié.

Apple a également communiqué avec Capital One, leur laissant entendre qu’un accord se profilait à l’horizon, mais précise que l’entreprise se concentrait sur son acquisition de Discover. Néanmoins, des rencontres ont eu lieu jusqu’en juin.

Au final, le choix d’Apple s’est arrêté sur JP Morgan Chase, qui a su négocier une protection contre d’éventuels problèmes de défaut de paiement et a su se garder la possibilité de se retirer de l’accord si nécessaire. La transition de Goldman Sachs vers Chase devrait s’étendre sur les deux prochaines années, et Apple a promis de donner plus de précisions au fur et à mesure que l’accord progresse.