Un juge évoque une « possibilité raisonnable » qu’Apple ait payé les femmes moins que les hommes

Judge says ‘reasonable possibility’ that Apple illegally paid women less than men

Il est difficile d’ignorer l’écho de la polémique qui entoure Apple concernant l’égalité salariale. Une récente décision judiciaire a donné un nouvel élan à cette affaire, ouvrant la voie à un procès collectif qui implique plus de 12 000 femmes, actuelles et anciennes employées de la firme. Les accusations d’inégalités salariales entre hommes et femmes prennent un tournant juridique potentiellement décisif.

La controverse des inégalités salariales chez Apple

Ce sujet a été mis en lumière en 2021 grâce à un sondage mené en interne, révélant une disparité salariale de 6% entre les employés masculins et féminins occupant des postes techniques. Les résultats, touchant environ 1 400 rôles, montrent que les hommes de niveaux intermédiaires gagnaient en moyenne 6,25% de plus que leurs collègues féminines.

Les données révèlent également que les employés blancs dans ces rôles avaient un salaire médian 5,06% plus élevé que celui des employés non blancs. De plus, les employés non blancs recevaient, en moyenne, 11% de moins en termes de stock options, à des niveaux d’entrée et intermédiaires.

En réaction, Apple a affirmé son engagement envers l’équité salariale, tout en interdisant des sondages similaires à l’avenir.

Procès et accusations de paiement inférieur des femmes

Le procès collectif, déposé l’an dernier, demande réparation pour les injustices salariales, accusant Apple de violer la California Equal Pay Act. Apple a tenté de faire annuler l’affaire, admettant les différences de rémunération, mais argumentant que celles-ci découlaient de circonstances spécifiques.

Néanmoins, la décision du juge a permis à l’affaire de progresser. Selon le juge, il y a une possibilité raisonnable que de nombreuses femmes travaillant dans les divisions ingénierie et marketing d’Apple en Californie aient subi des inégalités salariales similaires.

Dans son ordonnance, le juge Ethan P. Schulman a rejeté en grande partie les motions d’Apple visant à faire annuler les affirmations de la classe et à suspendre plusieurs réclamations.

Trois accusations spécifiques concernant le processus de recrutement

Il n’est pas question d’accuser la société d’une volonté délibérée de discriminer, toutefois, la loi impose de veiller à ce que les pratiques de recrutement et d’évaluation n’entraînent pas de désavantages.

Apple se voit reprocher plusieurs points :

Demande de salaires existants et d’attentes salariales

Interroger les candidats sur leurs anciens salaires risque de perpétuer les inégalités salariales. Bien qu’Apple ait cessé de le faire, la demande des attentes salariales demeure, malgré une constatation que les femmes affichent généralement moins de confiance que les hommes pour demander des augmentations.

Évaluations des employés biaisées

Il est suggéré que les évaluations de performance favorisent les hommes, tandis que les femmes se voient pénalisées pour les mêmes comportements. Par exemple, des comportements considérés comme « assertifs » chez les hommes peuvent être jugés « agressifs » chez les femmes.

Révisions de talents biaisées

Les accusations vont jusqu’à une gestion inéquitable des « révisions de talents », où hommes et femmes de même compétence reçoivent des compensations différentes.

Face à ces affirmations, Apple affirme son engagement pour l’égalité salariale, malgré cette nouvelle bataille juridique qui s’annonce. La société n’a pas encore commenté cette situation, mais demeure décidée à défendre sa position.

Apple insiste sur son besoin d’équité salariale, affirmant que les employés d’égale compétence sont rémunérés de manière équitable, et cela indépendamment de leur genre ou origine.

Photo par Mina Rad sur Unsplash