Sécurité : Que fait réellement l’option « Demander à l’application de ne pas suivre » ?

Security Bite: What ‘Ask App Not to Track’ actually does

La gestion de la vie privée des utilisateurs a pris un tournant majeur grâce au lancement des fonctionnalités de protection de la vie privée par Apple. Cette évolution n’est pas seulement technique, mais également philosophique. Nous allons explorer comment la transparence du suivi des applications (ATT) a remodelé notre façon de considérer notre propre données personnelles.

Lorsque Apple a introduit les prompts de transparence de suivi des applications dans iOS 14.5, il ne s’agissait pas simplement d’une mise à jour. C’était une véritable révolution. Ce système a permis aux utilisateurs de reprendre le contrôle sur la manière dont leurs données étaient utilisées à des fins publicitaires, marquant ainsi une avancée significative vers une meilleure protection de la vie privée.

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Comment ça fonctionne

Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec ce mécanisme, le cadre ATT oblige les développeurs à demander l’autorisation des utilisateurs avant de partager leurs données. Après avoir téléchargé une nouvelle application, un message apparaît souvent : “Permettre à [nom de l’application] de suivre votre activité sur d’autres applications et sites web ?”

Les utilisateurs ont le choix entre deux options : “Autoriser” ou “Demander à l’application de ne pas suivre”.

Opter pour “Autoriser” donne le feu vert à l’application pour collecter des informations personnelles telles que l’âge, le sexe, et les habitudes d’achat. Des données d’une valeur inestimable pour ceux qui cherchent à établir des profils pour la publicité ciblée.

En parallèle, choisir “Demander à l’application de ne pas suivre” empêche l’accès à l’IDFA. Ce code unique, attribué à chaque appareil iOS, est crucial pour relier les données de comportement entre différentes applications. Sans lui, les publicitaires perdent la capacité de faire le lien entre vos activités d’achat et vos habitudes sur les réseaux sociaux.

Cependant, certains développeurs peuvent toujours vous suivre via des données comme votre adresse IP ou votre numéro de téléphone. Apple nuance donc sa formulation en utilisant “Demander” plutôt qu’un “Refuser” clair. L’entreprise sait qu’elle ne peut pas garantir que les développeurs ne trouveront pas d’autres moyens de tracker les utilisateurs.

L’efficacité : toujours présente ?

La réponse est nuancée. Le suivi des utilisateurs a clairement diminué. Avant l’implémentation de cette fonctionnalité, environ 73 % des utilisateurs américains étaient traçables par les publicitaires. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à environ 18 %. Des entreprises comme Meta, qui géraient de nombreux services de collecte de données, ont été durement touchées, perdant près de 12,8 milliards d’euros en seulement une année.

Bien sûr, les annonceurs ne se laissent pas abattre aussi facilement. Ils ont simplement dû se montrer ingénieux. Ainsi, le brusque essor du **fingerprinting des appareils** est devenu la norme, une méthode moins connue mais efficace, collectant des informations sur la taille d’écran, la version de l’OS et d’autres données.

Les applications ont également commencé à privilégier la publicité contextuelle, recueillant des informations uniquement sur l’activité des utilisateurs au sein de leur propre plateforme. Bien que ces méthodes ne soient pas aussi puissantes que l’IDFA, elles restent lucratives et très recherchées sur le marché.

Au final, la transparence du suivi des applications a donc permis de réduire le suivi entre applications, mais n’a pas mis un terme complet à cette pratique. Cela a, en revanche, complexifié et alourdi le processus pour les annonceurs, un objectif manifestement visé par Apple.

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