Dans un monde où nos données personnelles sont devenues une véritable marchandise, les courtiers en données s’imposent comme des acteurs controversés. Ces entreprises achètent des informations sur les utilisateurs à partir de diverses sources, notamment des applications et des sites web, pour les revendre à des entreprises désireuses de cibler leur publicité. Mais cette pratique soulève des questions éthiques et juridiques majeures.
Le monde opaque des courtiers en données
Les courtiers en données exploitent des informations recueillies à partir de l’historique de navigation et de l’utilisation d’applications. Ils prétendent que ces données sont anonymisées, permettant ainsi aux acheteurs de connaître des caractéristiques générales, par exemple, un homme de 30 à 40 ans vivant en Californie. En réalité, il est souvent aisé de relier ces données à des individus précis.
Les études montrent que la quantité d’informations collectées est si vaste qu’il devient simple d’identifier des personnes spécifiques. La vente de données de localisation par de nombreuses applications mobiles accentue ce problème. Qui n’est pas préoccupé par le fait que des inconnus peuvent savoir quand on quitte son domicile pour se rendre au travail ?
Information sur les oppositions cachée des moteurs de recherche
Face à cette réalité troublante, il n’est pas surprenant que les courtiers en données tentent souvent d’éviter les réglementations. De nombreux États ont mis en place des lois sur la confidentialité, mais beaucoup de ces entreprises continuent à ignorer ces exigences. Les tentatives d’une régulation fédérale ont été anéanties par l’administration Trump, laissant un vide juridique.
Une enquête menée par la sénatrice américaine Maggie Hassan a mis en lumière une pratique douteuse : au moins 35 courtiers en données utilisent des fichiers robots.txt pour empêcher les moteurs de recherche d’indexer leurs pages d’opt-out. Selon Wired, cela constitue une méthode détournée qui compromet nos droits à la vie privée.
Cette enquête a révélé que de nombreux courtiers obscurcissent leurs outils d’opt-out en les cachant des résultats de recherche. Des défenseurs des consommateurs ont qualifié cela de « manœuvre astucieuse » qui affaiblit les droits des utilisateurs et pourrait être considérée comme un dark pattern, érodant l’autonomie et la capacité de décision des consommateurs.
La sénatrice Hassan exige que ces entreprises justifient la mise en place de leurs pages d’opt-out, reconnaissent l’utilisation de code pour bloquer l’indexation des recherches et s’engagent à supprimer ce code d’ici le 3 septembre. Elle demande également des résultats d’audit récents et les mesures prises depuis l’enquête pour améliorer l’accès des utilisateurs.
