Les agents des frontières ne peuvent pas fouiller les smartphones sans mandat, selon un tribunal fédéral

Les agents des frontières ne peuvent pas fouiller les smartphones sans mandat, selon un tribunal fédéral

Un tribunal fédéral a récemment tranché sur la légalité des fouilles de smartphones par les agents des douanes, rendant obligatoire un mandat. Cette décision, bien que limitée géographiquement, soulève des questions cruciales sur la vie privée et pourrait établir un précédent. Pour en savoir plus sur ses implications, lisez l’article.

Un tribunal fédéral a statué que les agents des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ne peuvent pas fouiller les smartphones sans mandat.

La décision n’a pas réellement aidé le défendeur qui a porté l’affaire, et ne s’applique qu’au district Est de New York où l’affaire a été portée, mais elle peut contribuer à établir un précédent en matière de confidentialité…

Kurbonali Sultanov est retourné aux États-Unis à l’aéroport JFK, où les agents des douanes lui ont dit qu’il devait remettre son smartphone et le code d’accès nécessaire pour y accéder. Des images d’abus sexuels sur des enfants ont été trouvées sur l’appareil et il a été inculpé.

Selon la décision du tribunal, Sultanov a cherché à supprimer les preuves au motif qu’elles avaient été obtenues illégalement.

À l’appui de sa requête visant à supprimer les preuves matérielles, Sultanov fait valoir que le quatrième amendement exige que la fouille d’un appareil mobile à la frontière soit appuyée par un mandat et une cause probable – aucun de ces éléments n’étant présent ici.

Le gouvernement a par la suite obtenu un mandat de perquisition pour un test plus détaillé de deux téléphones appartenant au défendeur, mais ce dernier a cherché à faire annuler ce mandat car il résultait d’une perquisition inconstitutionnelle.

Le tribunal a rejeté cette demande, estimant que l’agent des forces de l’ordre avait agi de bonne foi et que les éléments trouvés lors de la perquisition initiale n’étaient pas le seul motif de délivrance du mandat de perquisition. Il a toutefois statué qu’un mandat est nécessaire pour toute perquisition d’un téléphone.

Cette décision a été saluée par les groupes de défense des droits civiques, notamment le Knight First Amendment Institute de l’Université de Columbia, qui a déposé un mémoire d’amicus curiae (une déclaration d’une partie non concernée destinée à aider le juge à prendre sa décision).

Le Knight First Amendment Institute de l’Université de Columbia et le Reporters Committee for Freedom of the Press ont déposé un mémoire d’amicus curiae dans cette affaire, arguant que les perquisitions sans mandat des téléphones des voyageurs violent la protection du Premier Amendement des libertés de la presse, de parole et d’association, ainsi que la protection du Quatrième Amendement contre les perquisitions et saisies déraisonnables.

L’institut a déclaré que ce mémoire avait été largement cité par le juge.

Engadget note que la question fait l’objet de débats depuis de nombreuses années.

En 2017, l’Union américaine pour les libertés civiles et l’Electronic Frontier Foundation ont intenté une action en justice contre le ministère de la Sécurité intérieure au nom de 11 personnes dont les téléphones avaient été fouillés à la frontière.

Bien que cette décision s’applique aussi bien aux citoyens américains qu’aux ressortissants étrangers, cette dernière est une question plutôt théorique, puisque le CBP peut refuser l’entrée à un visiteur étranger même s’il est en possession d’un visa ou d’une dispense de visa. Toute personne refusant une fouille se verrait probablement refuser l’entrée dans le pays.

Photo : Rawpixel/CC0