Le macOS d’Apple a connu une transformation significative depuis ses débuts, mais il conserve des éléments emblématiques qui lui confèrent un charme unique. Parmi ceux-ci, le fameux Dock, qui permet un accès rapide aux applications favorites des utilisateurs. Petite anecdote, ce Dock a célébré ses 25 ans récemment, et son histoire est aussi fascinante qu’inattendue.
L’histoire du Dock de macOS
James Thomson, développeur émérite connu pour son application de calcul scientifique PCalc, a été l’un des cerveaux derrière le Dock lorsqu’il travaillait chez Apple. À cette époque, la première version de Mac OS X était en cours de développement, et Thomson a partagé avec nous quelques anecdotes sur ce projet sur son blog.
Tout a commencé le 5 janvier 2000, lorsque Steve Jobs a dévoilé le Dock lors de Macworld Expo. Ce jour-là, il a également présenté l’interface Aqua, qui n’était pas présente dans les premières versions bêta de Mac OS X.

La version initiale du Dock différait de celle que nous connaissons aujourd’hui. Au lieu d’icônes flottantes, il s’agissait d’une simple rangée d’icônes carrées, car le design que nous apprécions tant n’était pas encore prêt. Thomson a mentionné : “C’était mon travail de transformer les prototypes de Bas Ording en code fonctionnel.”
Avant d’intégrer Apple, Thomson avait déjà conçu DragThing, une application agissant comme un Dock pour Macintosh. Les utilisateurs pouvaient y ajouter des raccourcis vers des applications, dossiers et documents, les rendant toujours visibles sur le bureau. Cette expérience lui a permis d’être recruté par Apple pour travailler sur un projet similaire à son idée originale.
Alors que je me trouvais à Cupertino, on m’a demandé si je voulais participer à un projet secret dont le code était “Überbar”. On m’a montré des prototypes et on m’a précisé que seulement six personnes les avaient vus.

Un projet gardé secret
Le Dock a été développé en même temps que Finder, une autre pierre angulaire de Mac OS X. Ce projet a débuté sur Mac OS 9, avant même la finalisation du nouveau système. “Je me souviens très bien de la première fois que nous avons réussi à faire fonctionner le code sur Mac OS X,” se rappelle Thomson. Mais tout autour d’OS X était gardé secret, seuls quelques élus avaient accès à l’interface Aqua.
J’ai découvert les boutons brillants et lisses de Aqua longtemps après avoir travaillé sur le Dock. Des rumeurs circulaient que toute capture d’écran de Aqua comportait l’adresse MAC de la machine intégrée dans l’image pour traquer les fuites.
Thomson, travaillant depuis l’Irlande à l’époque, a rapidement rencontré des complications. Selon ses propos, Jobs était furieux d’apprendre cette situation et exigeait qu’il déménage aux États-Unis pour être au siège d’Apple. “Il a été porté à ma connaissance que l’ingénieur travaillant sur le Dock est en *f*cking Ireland*,” aurait dit Steve à un responsable.
Malgré cela, Thomson n’a pas voulu quitter son pays. Il a alors commencé à voyager fréquemment vers Cupertino, tandis que son équipe assurait à Jobs qu’il avait accepté de déménager. Une stratégie risquée, mais qui lui a permis d’échapper à la colère de Jobs pendant un temps.
Après le Macworld de 2000, il fut finalement contraint de choisir. Thomson devait déménager à Cupertino ou perdre son emploi. À l’issue de cette pression, il a préféré démissionner, et le Dock a été réécrit par un autre ingénieur juste avant le lancement de Mac OS X.

Aujourd’hui, même sans l’apport de Thomson, le Dock continue d’être une fonctionnalité fondamentale dans macOS, ainsi que sur l’iPhone et l’iPad. Une véritable longévité pour un projet initialement conçu dans le secret le plus total.