Une initiative législative en Californie a récemment suscité l’intérêt et le débat. Employant un angle audacieux, elle visait à rééquilibrer le paysage numérique et à remettre en question les pratiques des géants technologiques. Malheureusement, cette tentative de régulation n’a pas survécu à la pression d’une campagne d’opposition intense. Voyons de plus près les détails de cette situation complexe.
Échec du BASED Act face à une forte mobilisation
Le mois dernier, le sénateur Scott Wiener a proposé le BASED Act (Blocking Anticompetitive Self-preferencing by Entrenched Dominant platforms Act), une législation ciblant les comportements des grandes plateformes numériques concernant leurs propres produits. Un objectif clair : empêcher ces entreprises, d’une valeur de marché supérieure à 1 trillion €, de privilégier leurs services au détriment de la concurrence.
Ce projet de loi visait à restreindre l’utilisation des données tierces, à limiter les pratiques de préférence des produits et à garantir l’interopérabilité des données. L’objectif était de créer un environnement équitable pour tous les acteurs du marché. La proposition indiquait :
« Cette loi interdirait à un fournisseur couvert de favoriser ses propres produits ou services sur ceux d’un autre, y compris en manipulant l’ordre des résultats de recherche. »
Peu après la présentation de la proposition par le sénateur Wiener le 18 mars, une campagne de lobbying s’est intensifiée, orchestrée notamment par la California Chamber of Commerce et le groupe commercial Chamber of Progress, qui ont fait de l’arrêt de cette mesure leur priorité principale. Cette réaction rapide a mis en évidence l’impact que le BASED Act pouvait avoir sur les grandes entreprises。
Ce groupe a mobilisé les citoyens pour faire pression sur les responsables politiques, arguant que la législation pourrait nuire à des produits populaires, tels que Google Search ou l’App Store d’Apple. Les messages évoquaient des risques tels qu’un déclin de l’utilité des résultats de recherche ou une diminution de la rapidité des livraisons.
Malgré un support de la part d’entreprises comme Y Combinator, le projet a rapidement échoué lors d’un vote crucial au sein d’une commission sur la vie privée. Cela a laissé le sénateur Wiener affirmer que la force de la campagne de lobbying était difficile à contrer.
« Ils ont submergé le Capitole avec des lobbyistes pour dénigrer le projet de loi et propager de fausses informations (…) C’était un véritable raz-de-marée de lobbying. »
Au-delà de cet échec, le sénateur Wiener a laissé entendre qu’il n’abandonne pas entièrement cette initiative, invitant à rester attentif pour d’éventuelles nouvelles actions. Ce projet de loi reste donc un sujet brûlant et mérite d’être suivi de près.
