La bataille juridique entre une startup de l’intelligence artificielle et une entreprise technologique de premier plan témoigne des tensions croissantes dans le secteur. Ex-Human, le développeur de plateformes innovantes comme Botify et Photify AI, a récemment engagé des poursuites en accusant Apple d’avoir supprimé arbitrairement ses applications de l’App Store, causant ainsi un préjudice financier important.
Une action légale contre Apple
Selon des informations relayées par le San Francisco Business Times, Ex-Human met en cause les décisions d’Apple, qui auraient selon elle un impact direct sur son chiffre d’affaires. La startup soutient qu’Apple retient des revenus estimés à 500 000 € générés par ses applications.
Botify, une plateforme interactive, permet aux utilisateurs de dialoguer avec des chatbots. Cette application est au cœur de la controverse depuis qu’un article du MIT Technology Test a soulevé des préoccupations concernant des chatbots imitant des célébrités juvéniles, engageant des discussions potentiellement inappropriées. Un chatbot se faisant passer pour Jenna Ortega en évoquait même des lois sur l’âge de consentement.
Des bots similaires ont pris la forme de versions jeunes d’Emma Watson et Millie Bobby Brown, bien que ces dernières aient dépassé les 35 et 22 ans respectivement.
De son côté, l’application Photify AI a également suscité des débats en permettant aux utilisateurs de générer des images d’individus sans leur consentement, ce qui soulève d’intéressantes questions éthiques et juridiques.
Dans le cadre de cette affaire, Ex-Human affirme qu’Apple a retiré ses applications suite à des accusations de « pratiques malhonnêtes ou frauduleuses », sans toutefois fournir de précisions concrètes sur ces affirmations.
“Apple n’a pas spécifié les transactions, comportements ou activités utilisateurs qui justifient sa décision,” peut-on lire dans la plainte, un constat d’autant plus frappant que ses applications sont toujours disponibles sur le Google Play Store.
Ex-Human souligne que le département de développement commercial d’Apple avait précédemment reconnu le statut de la société comme un « développeur à forte croissance ». La startup rapportait à l’époque des revenus d’environ 330 000 € mensuels pour Botify et près de 100 000 € pour Photify AI.
Enfin, l’entreprise prétend que la suppression de Photify AI pourrait répondre à des motivations anticoncurrentielles, l’argument étant que cette décision coïncidait avec la promotion de la propre plateforme d’Apple, l’« Image Playground ». Cette situation illustre bien les enjeux de pouvoir et de compétitivité au sein du marché des applications.
