Deux fonctionnalités récentes de l’Apple Watch pourraient bien entrer en conflit avec des lois sur la vie privée dans plusieurs États américains. En effet, les nouvelles options Live Rewind et Siri Recap sont capables d’enregistrer des conversations audio.
Les détails de ces fonctionnalités soulèvent des questions cruciales, car bien qu’Apple assure que ces enregistrements ne sont pas accessibles, un flou juridique pourrait nécessiter une intervention des tribunaux pour clarifier la situation.
Les fonctionnalités Live Rewind et Siri Recap
Lors de sa dernière annonce, Apple a présenté quatre nouvelles fonctionnalités d’intelligence audio intégrées aux modèles d’Apple Watch :
- Reconnaissance des sons, qui détecte des bruits comme les sonnettes et les alarmes incendie
- Reconnaissance musicale, alimentée par Shazam
- Live Rewind, pour retranscrire des propos qui ont été manqués
- Siri Recap, résumés des conversations
C’est surtout Live Rewind et Siri Recap qui posent un potentiel problème de confidentialité, puisqu’elles impliquent l’enregistrement des propos échangés avec votre entourage.
La loi sur les enregistrements audio
La légalité d’enregistrer des conversations varie selon l’État ou le pays où l’on se trouve. Aux États-Unis, plusieurs États exigent un consentement des deux parties. Cela signifie que tous les participants doivent être informés et donner leur accord pour que la conversation soit enregistrée.
Dans ces régions, si l’Apple Watch stockait des enregistrements audio de manière à pouvoir y accéder ultérieurement, le cadre légal serait clair : le consentement est indispensable. Cependant, Apple affirme clairement que ce n’est pas le cas ici.
Les mesures de confidentialité d’Apple
Apple a manifestement mis un point d’honneur à réfléchir à la confidentialité lors du développement de ces fonctionnalités. Aucun de ces modes ne s’active en arrière-plan sans autorisation, chaque option devant être activée manuellement.
Par exemple, Live Rewind doit être activé à chaque fois et ne retient l’audio que pendant les 15 secondes qui précédent son activation. Aucun accès aux enregistrements n’est donné, car ceux-ci sont conservés dans une puce sécurisée.
Si une conversation est détectée, l’audio est dirigé vers un tampon protégé à l’intérieur de la puce Secure Exclave, isolé matériellement pour être inaccessible à l’utilisateur, au système d’exploitation, aux applications, et même à Apple.
Les enregistrements sont aussi temporaires, supprimés dès qu’ils ont été utilisés, soit pour générer une retranscription ou pour un résumé.
L’incertitude juridique
Malgré ces précautions, certains experts soulignent des zones d’ombre juridiques liées à ces nouvelles fonctionnalités. Les conversations traitées de manière continue, sans enregistrement au sens habituel du terme, pourraient être considérées comme des interceptions selon la législation des États.
Un avocat pénaliste en Pennsylvanie a mentionné que la technologie est “très proche d’être légale, car aucune personne ne reçoit ou n’utilise ces données.” Toutefois, il a averti que cela pourrait être jugé illégal puisque le dispositif capte et interprète l’audio.
Le dilemme réside dans le fait que ce sont les utilisateurs de l’Apple Watch qui pourraient être tenus légalement responsables si les tribunaux estiment que ces fonctionnalités violent les lois en vigueur.
Image : Apple
