Apple s’oppose à Fintiv qui tente de tirer profit d’Apple Pay par la justice

Apple pushes back on Fintiv’s latest litigious attempt to profit off Apple Pay

Fintiv, une société souvent associée aux litiges sur les brevets, revient à la charge contre Apple concernant Apple Pay, un service de paiement mobile sécurisé lancé en 2014. Ce conflit juridique dure depuis 2018, mais Fintiv semble déterminé à ne pas abandonner malgré ses échecs répétés devant les tribunaux.

Apple a exprimé son agacement face à cette nouvelle attaque. Dans une déclaration à Netcost-security.fr, la firme accuse Fintiv de vouloir « détourner l’attention » de ses échecs passés avec des affirmations sans fondement.

“Le tribunal a rejeté à plusieurs reprises les revendications de Fintiv et nous pensons que cette nouvelle tentative de distraction doit également être rejetée”, a déclaré Apple. “Nous avons lancé Apple Pay il y a plus de dix ans et continuons d’innover pour offrir la meilleure expérience possible à nos utilisateurs.”

Des années de pertes judiciaires

La campagne de litiges de Fintiv a commencé en 2018 avec une seule demande de brevet, mais a échoué à plusieurs reprises. Le juge Alan Albright, en charge de l’affaire au Texas, a statué deux fois que Apple n’utilisait pas la technologie brevetée par Fintiv.

Les décisions de justice reposent sur une différence clé : le brevet de Fintiv exige le stockage d’informations spécifiques sur le compte, comme les numéros de carte de crédit, directement sur l’appareil. En revanche, Apple Pay ne conserve pas ces informations localement, s’appuyant sur une architecture sécurisée développée par Apple pour protéger la vie privée des utilisateurs.

Malgré le renvoi d’une partie de l’affaire par la Cour d’appel fédérale pour un test supplémentaire, le juge Albright a de nouveau conclu en juillet 2025 qu’Apple ne violait pas la plupart des revendications de Fintiv. Ce dernier a ensuite choisi de retirer ses réclamations plutôt que d’affronter un procès.

Des affirmations évolutives après des défaites

Moins d’une semaine après avoir abandonné son procès au Texas, Fintiv a déposé une nouvelle plainte en Géorgie, accusant Apple d’avoir volé des secrets commerciaux lors de réunions tenues en 2011 et 2012. Apple qualifie ces accusations de dénuées de fondement.

Le brevet litigieux n’ayant été déposé qu’en 2014, année du lancement d’Apple Pay, Apple estime qu’il est impossible que des événements antérieurs soient liés à la technologie brevetée.

En ce qui concerne les accusations d’embauche, Apple souligne que l’une des personnes citées n’a jamais travaillé chez eux, une autre était dans le secteur de la vente au détail, et la troisième a été recrutée après le développement d’Apple Pay.

Des retards à répétition

Alors qu’Apple souhaite avancer vers un procès, la société affirme que Fintiv a tenté de ralentir le processus à plusieurs reprises. Cela inclut des motions d’urgence de dernière minute en 2022 et 2025 et même une demande de mandamus à la Cour d’appel fédérale.

Le juge Albright a rejeté la dernière demande de retard, et la Cour d’appel fédérale a également rejeté la requête de Fintiv le lendemain de la sélection du jury. Deux jours plus tard, Fintiv a abandonné son affaire au lieu de faire face au jury.

Des ennuis juridiques pour Fintiv

Apple n’est pas la seule cible de Fintiv. En 2022, la société a poursuivi PayPal pour cinq brevets, dont quatre ont été invalidés en justice, suivis par l’invalidation d’un cinquième par l’Office américain des brevets. La Cour d’appel fédérale a confirmé ces décisions plus tôt cette année.

Fintiv fait également face à des problèmes juridiques internes. Récemment, la société d’investissement Oxford Gray a poursuivi Fintiv pour rupture de contrat, affirmant un défaut de paiement de plus de 9 millions d’euros de prêts. Cette affaire est liée à une fraude présumée ayant conduit à une inculpation criminelle en 2019.

Apple insiste sur le fait qu’Apple Pay a été développé à partir de sa propre technologie brevetée et que ses choix de conception, notamment l’absence de stockage de données spécifiques sur l’appareil, différencient sa solution de celle de Fintiv. La firme considère la stratégie de Fintiv comme une tentative de profiter du succès d’Apple Pay après avoir échoué à prouver des violations de brevets.

Avec l’affaire du Texas close en faveur d’Apple et celle de Géorgie qui débute à peine, la société se prépare à défendre son intégrité contre ce qu’elle qualifie de revendications fallacieuses.