Apple Photos : La reconnaissance faciale n’est pas une menace pour la vie privée

No, Apple Photos face recognition is not a privacy threat – quite the opposite

Récemment, un tribunal a décidé de laisser avancer un procès de 32 milliards d’euros lié à la reconnaissance faciale d’Apple Photos, partant du principe qu’elle contreviendrait à une loi sur la vie privée. Il est crucial d’examiner de plus près cette affaire, car la comparaison avec les pratiques de Meta brouille la portée réelle des accusations.

Pour mieux appréhender la situation, une rétrospective sur le procès engagé contre Meta en 2015 est indispensable. À cette époque, Facebook utilisait la reconnaissance faciale pour proposer des tags lors du partage de photos. Un groupe d’utilisateurs de l’Illinois a alors porté plainte, affirmant que cette pratique violait la Biometric Information Privacy Act.

Facebook applique la reconnaissance faciale pour suggérer des amis à taguer dans les photos. Lorsqu’une personne est taguée, Facebook essaie d’identifier ce visage dans d’autres images pour faire des suggestions. Les utilisateurs ont affirmé que cela était illégal et violait cette loi.

La reconnaissance faciale opérée sur les serveurs de Meta a effectivement enfreint la loi, conduisant l’entreprise à une settlement de 650 millions d’euros. Aujourd’hui, Apple fait face à des accusations similaires, même si sa méthodologie est fondamentalement distincte.

Une approche fondamentalement différente

La réalité est que, contrairement à son concurrent, Apple ne collecte pas de données biométriques pour la reconnaissance faciale via l’application Photos. Comme l’indique un article de recherche sur l’apprentissage automatique publié en 2021, l’algorithme de reconnaissance fonctionne entièrement sur l’appareil.

Photos utilise des algorithmes d’apprentissage automatique, s’exécutant de manière privée sur l’appareil, pour aider à organiser images, Live Photos et vidéos. Un algorithme essentiel reconnaît les personnes selon leur apparence visuelle.

L’iPhone ne fait qu’indiquer que plusieurs photos semblent représenter la même personne ; il reste complètement ignorant de l’identité de cette personne. Seul l’utilisateur est en mesure de lui attribuer un nom.

L’utilisateur peut ensuite ajouter manuellement des noms aux personnes dans ses photos et les retrouver simplement en tapant le nom dans la barre de recherche.

La politique de confidentialité d’Apple concernant les photos reflète clairement cette approche.

Apple n’accède pas à vos photos ou vidéos […] Photos utilise un apprentissage automatique sur appareil pour offrir des fonctionnalités comme l’Album Personnes & Animaux.

Il est sidérant de constater qu’après six ans d’avancées judiciaires, la simplification des faits pourrait prouver la fausse accusation portée contre Apple. À l’heure où l’approche de l’entreprise en matière de protection de la vie privée devrait être saluée, elle se retrouve sous le feu des critiques.

Les lois tentant de réguler des technologies qu’elles ne maîtrisent visiblement pas mettent en lumière un manque de compréhension persistant chez les législateurs et les juges. Ce schéma se retrouve fréquemment, notamment en ce qui concerne l’encryption de bout en bout, que plusieurs pays cherchent même à interdire sans en saisir les enjeux techniques.

Il est évident que les dirigeants judiciaires et politiques ne peuvent pas être experts en tout cependant ils ont accès à des spécialistes. Il est donc troublant que des cas et propositions législatives puissent progresser sans qu’aucun point fondamental ne soit remis en question.

Photo : Apple