Le dernier rapport de Mark Gurman de Bloomberg a suscité des discussions animées : certains employés d’Apple estiment que la société accuse un retard de deux ans dans le domaine de l’intelligence artificielle. Ce constat soulève des interrogations quant à la position d’Apple face à des entreprises concurrentes qui semblent prendre un avantage significatif en matière d’IA.
Apple en retard sur l’IA ?
Évaluer la situation d’une entreprise comme Apple, surtout concernant une technologie aussi complexe que l’IA, nécessite des connaissances spécifiques. Les employés travaillant dans d’autres secteurs de l’entreprise n’ont souvent pas accès aux détails internes concernant les avancées en IA.
La structure de l’entreprise joue un rôle important. À Apple, le travail est souvent cloisonné. Même ceux qui font partie d’équipes d’IA peuvent n’avoir qu’une vision limitée et spécialisée des projets. De nombreux ingénieurs demeurent dans l’ignorance de l’impact réel de leur travail sur le produit final.
Les véritables décideurs, ceux qui possèdent une vue d’ensemble des différents projets d’IA d’Apple, sont les cadres supérieurs. Malheureusement, leur silence rend difficile tout jugement objectif concernant le niveau de développement actuel de l’entreprise.
Néanmoins, on ne peut ignorer que Siri est actuellement en retrait par rapport à des acteurs comme Google Assistant, qui affiche un niveau de performance nettement supérieur.
Comparaison entre Siri et Google Assistant
Il est courant de voir Siri comparé à d’autres assistants vocaux, mais cet exercice est souvent trompeur. Alexa, par exemple, peut sembler équivalente à Siri, mais n’a pas le même degré d’intelligence. Elle se distingue surtout par sa capacité à ajouter des compétences par le biais de tiers, une méthode qui, malheureusement, ne s’adapte pas toujours à grande échelle.
Quand on place Siri et Google Assistant côte à côte, les différences deviennent flagrantes. Les résultats de Google Assistant, en termes de compréhension et de réponses appropriées, sont largement supérieurs. À plusieurs reprises, j’ai constaté un fossé évident dans leurs réponses face aux mêmes requêtes.
Pour illustrer cela, prenons deux questions simples :
Q1 : Comment me rendre au Tower of London ?
Q2 : Quelles sont les heures d’ouverture ?
Siri apprend que je souhaite des indications et me dirige vers Apple Maps, sans tenir compte des meilleures options de transport. En revanche, elle reste complètement perdue sur la seconde question. Tout cela était évitable.

Cette réponse illustre une inaptitude à maintenir le fil conducteur d’une conversation, une faille notoire de Siri qui reste visible même avec les tests de la beta d’iOS.
À l’inverse, Google Assistant commence par donner une réponse précise avec une approche logique et cohérente, en qualité d’acteur intelligent capable de suivre un raisonnement. Ce manque d’agilité dans le traitement des questions montre bien le chemin qu’Apple doit encore parcourir.
Une comparaison avec l’IA générative
Bien que Siri et Google Assistant aient encore des progrès à faire, la vraie question est de savoir comment se comparent ces assistants avec les dernières avancées de l’IA générative. Ces nouvelles solutions affichent un potentiel de compréhension contextuelle qui, pour l’heure, relègue Siri à un stade encore plus précoce.
Lorsque je demande « Quelle heure est-il à New York ? » suivi de « Quelle est la valeur d’une livre sterling là-bas ? », Siri m’interroge sur la devise à convertir, tandis que Google Assistant donne directement le taux de change en Euros.
En revanche, un modèle comme ChatGPT fournit des réponses plus riches et pertinentes. Il arrive à donner une valeur précise tout en contextualisant la question suivante de manière efficace.

Ces comparaisons montrent que la route est encore longue pour qu’Apple soit en mesure de rivaliser avec les chefs de file du secteur. Toutefois, cela ne signifie pas qu’un changement significatif ne pourrait pas se produire rapidement.
L’avenir pour Apple en intelligence artificielle
Au fond, la question du retard d’Apple est moins préoccupante qu’elle ne paraît. L’innovation dans le domaine de l’IA n’est pas linéaire et les progrès peuvent surgir de manière soudaine et spectaculaire, comme ce fut le cas avec l’avènement de ChatGPT.
Si Apple parvenait à reproduire une telle dynamique, rien ne garantirait qu’elle reste en retrait. Sa capacité à investir massivement dans l’IA et à attirer des talents de premier plan est un atout majeur dans ce combat pour l’innovation.
De plus, la stratégie d’Apple ne consiste pas à vendre simplement plus que ses concurrents. La société cible le segment le plus rentable, où elle continue de s’imposer avec des produits premium.
Ce qui compte réellement, c’est la manière dont Apple parviendra à intégrer l’IA pour enrichir ses produits tout en garantissant la confidentialité des utilisateurs. Une question cruciale qui pourrait bien devenir un atout au fur et à mesure que la conscience des enjeux liés à la vie privée s’accroît.
Apple s’illustre déjà par une approche unique en matière de protection des données et pourrait forger un avenir où l’intelligence artificielle s’allie à ces principes fondamentaux pour offrir une expérience utilisateur de premier plan.
